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Quand une crise sanitaire en cache une autre : double impact sur les exportations de viande vers la Chine ?

Entrepôts de stockage de viande

La Chine est le premier pays consommateur et importateur mondial de porc en volume, avec 1,5 million de tonnes (Mt) en 2018. Elle est pourtant également le premier producteur au monde avec 53,4 Mt en 2017, contre 23,67 Mt pour l’Union Européenne.

Toutefois, depuis fin 2018, la Chine est confrontée à une épidémie de peste porcine africaine qui ne cesse de s’étendre et a gagné les pays voisins. En juillet 2019, le cheptel porcin chinois était ainsi en baisse de 32,2% par rapport à 2018, entraînant une envolée des prix du porc de près de 70%.

Cette pénurie de porcs en Chine a représenté une opportunité pour l’Union Européenne et le Brésil. L’Union Européenne a ainsi augmenté ses exportations de 45% sur le premier semestre 2019. L’ensemble des membres en profitent avec en premier lieu l'Espagne qui a enregistré une augmentation de 90% de ses ventes et est devenu en 2019 le 1er fournisseur de la Chine devant l’Allemagne.

En France, record historique, les exportations ont atteint près de 170 000 tonnes en 2019, contre 100 000 à 110 000 tonnes précédemment, volume qui représentait déjà 20% des exportations françaises. Le principal producteur français annonçait ainsi une hausse de 60% de ses ventes pour 2019.

Pendant la crise sanitaire, l’ensemble de la filière viande a été touché. Avec le confinement, les chaînes de production ont été stoppées. En terme logistique, la pénurie de conteneurs reefer vides a fortement freiné les exportations vers la Chine. Selon les principaux producteurs français, le taux de disponibilité en reefer était ainsi inférieur d’environ 30 à 40% par rapport à leur besoin. Cette tension logistique a été exacerbée par des taux de frets élevés et par le manque de place sur les navires.

Toutefois, la demande chinoise ne faiblit pas cette année et, malgré les difficultés logistiques rencontrées et les frais de transport qui restent élevés, les importations chinoises sont attendues en hausse sur l’année 2020. La demande chinoise s’oriente par ailleurs vers les produits carnés haut de gamme. Finalement, en raison de la peste porcine en Belgique, les flux vers la Chine doivent impérativement passer par un port français.

 

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