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Cacao

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Une filière cacao toujours en mouvement

Déchargement de cacao chez HAROPA - Port de Rouen

Un marché porté par une demande croissante et en évolution

Le marché mondial du cacao est un marché en croissance. La production mondiale de fèves, qui totalisait 4,1 millions de tonnes (Mt) en 2011, a atteint 4,8 Mt l’an dernier. Elle se concentre à près de 75% en Afrique de l’Ouest et notamment sur deux pays : la Côte d’Ivoire et le Ghana.

Cette production est tirée par la demande mondiale dans un marché qui connait de fortes évolutions ces dernières années.

D’une part, l’Asie est aujourd’hui un acteur incontournable avec un taux de croissance de la consommation de chocolat de plus de 10% par an. Ce continent devient également un centre majeur de broyage des fèves, derrière l’Europe mais devant l’Afrique.

D’autre part, la consommation des pays développés évolue vers des chocolats premiums, nécessitant l’importation de cacaos fins en plus grande quantité. Ce marché ne représente aujourd’hui que 8% du marché mondial, mais est amené à progresser.

En Europe, ce sont les Pays-Bas qui dominent le secteur avec plus de 500 000 tonnes de fèves broyées chaque année. La France reste un acteur important avec une production de chocolat (produits semi-finis et finis) de près de 730 000 tonnes, dont 57% sont exportées. Les français restent par ailleurs des consommateurs assidus de chocolat occupant le 6ème rang mondial (7,3kg/habitant/an).

Mais un marché qui connait quelques tensions déjà depuis 2019

La forte demande mondiale engendre des tensions sur le marché, lesquelles se sont intensifiées à l’été 2019 suite à la décision des 2 principaux pays producteurs (la Côte d’Ivoire et le Ghana) d’imposer une prime de 400$/tonne sur les fèves vendues, dans l’objectif de mieux rémunérer leurs cultivateurs.

Par conséquent, les prix ont fortement augmenté au cours de l’année 2019. Les prévisions début mars 2020 de l’ICCO (Organisation Internationale du Cacao) annonçant un probable déficit de fèves sur le marché mondial cette année, présument un renforcement de ces tensions. En effet, malgré une production annoncée en hausse à 4,82 Mt de fèves, la consommation devrait rester supérieure à la production.

La crise sanitaire mondiale a toutefois eu divers impacts sur le marché qui pourraient modifier ces prévisions.

Du côté de l’offre, malgré quelques difficultés d’acheminement vers les ports ivoiriens et ghanéens, la chaîne logistique des fèves n’a pas subi de rupture majeure. Des aides financières sont par ailleurs apportées aux producteurs de fèves, notamment par le gouvernement ivoirien.

Du côté de la demande, les ventes de chocolats de grande consommation ont été portées par les épisodes de confinement dans les pays développés alors que les artisans chocolatiers voyaient leurs ventes baisser fortement. La consommation a par ailleurs évolué de manière différente dans le monde, avec une baisse des broyages en Amérique du Nord et en Asie au premier trimestre 2020, quand l’Europe annonçait une légère hausse des broyages.

Les prix ont pour leur part beaucoup fluctué. Ainsi, l’incertitude quant à la demande a entraîné une forte baisse des prix début mars, mais au regard de son maintien, ils sont ensuite repartis à la hausse. En mai, les incidences climatiques et notamment les très faibles pluies en Côte d’Ivoire ont à nouveau fait progresser les prix pour revenir fin mai au niveau d’avant crise.

Sur le premier trimestre, le marché du cacao a ainsi mieux résisté à la crise que de nombreux autres secteurs industriels, même si la situation reste incertaine pour le 2ème trimestre.

Le rôle du transport maritime dans la filière

Du fait de la concentration de la production de fèves dans quelques pays et du positionnement des usines de transformation dans de nombreuses régions du monde, l’industrie du transport - en particulier maritime - joue un rôle primordial pour relier les différents acteurs de la filière.

Le transport de la fève de cacao dans des conditions qui préservent ses qualités techniques et sanitaires jusqu’à sa transformation nécessitent la mise en place d’une logistique sans faille. A titre d’exemple, des conditions de stockage et de transport trop humides ont pour effet de dégrader cette qualité. Dès lors, les opérateurs portent une attention toute particulière à la logistique des marchandises.

Le transport de la fève est aujourd’hui réalisé essentiellement par conteneurs dans lesquels sont empotés des sacs, des big bags ou bien encore du vrac, mais certaines expéditions se font également par navires vraquiers. Les volumes échangés sont importants, avec par exemple 1,4 Mt de fèves expédiées à destination de l’Europe l’an dernier.

La logistique des produits finis nécessite également un savoir-faire particulier. Le beurre de cacao est ainsi transporté en camions-citernes, en conteneurs Isotank ou bien encore en conteneurs classiques équipés de flexitanks.
Les autres produits (poudre de cacao, masse, ou produits finis) se transportent beaucoup plus classiquement en cartons ou palettes expédiés en camions ou conteneurs.

Quelle est la place de la France et des ports de HAROPA dans la filière cacao ?

En tant que pays de production, la France exporte environ 60% de sa production chocolatière (soit plus de 300 000 tonnes), dont 86% à destination des pays de l’Union Européenne. S’agissant des importations, outre les fèves de cacao nécessaires à la production, la France importe aussi des produits semi-finis ou finis.

Dans ce contexte, HAROPA, principal point d’entrée et de sortie des marchandises de la filière, joue un rôle majeur dans les flux logistiques du secteur.

Ainsi, les importations de fèves de cacao via les ports de HAROPA, en vrac ou en conteneurs, ont représenté un total de 78 000 tonnes en 2019, principalement destinées aux 2 grandes usines françaises de transformation des fèves (Cargill Cacao et Barry Callebaut). Près de 180 000 tonnes de produits chocolatés ont également transité en 2019 dans les ports de HAROPA, représentant un volume de 11 000 EVP.

Au total, la filière chocolat a ainsi représenté 258 000 tonnes pour les ports de HAROPA en 2019.

 

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